Tendances

3 initiatives écologiques dans la restauration (2/2)

En 2018, un sondage réalisé pour le Journal du Dimanche indiquait que 78 % des français interrogés souhaitent que l’écologie et la protection de l’environnement soient érigés au rang de sujet prioritaire au sein du gouvernement. Comme nous l’évoquions dans notre article précédent de plus en plus de restaurateurs n’attendent pas que l’Élysée montre l’exemple et se proposent de nous aider à mieux consommer. Suite et fin de notre article sur les initiatives écologiques dans la restauration.

#Freegan Pony

1,3 milliard de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année, soit un tiers des aliments produits sur la planète. C’est, entre autre, ce constat aberrant qui a poussé Monsieur Alladin Charni à créer le Freegan Pony en 2015, un restaurant associatif pratiquant le libre prix, et où tous les produits viennent des invendus des marchés et y sont cuisinés par des chefs. C’est ainsi plus de 200 tonnes de nourritures qui sont récupérées chaque année et redistribuées. Si ce restaurant a connu des débuts quelque peu mouvementés, c’est pour nous un grand plaisir que de voir sa notoriété grimper et ses actions se multiplier hors des murs. Un livre de cuisine freegan écrit en collaboration avec des chefs étoilés devrait d’ailleurs bientôt voir le jour.

#Le Bichat

Manger bio et sain, le tout à petit prix, c’est le défi réussi du Bichat, petite cantine de quartier au cadre scandinave ouverte sept jours sur sept. Après avoir soutenu les SDF avec son association Les enfants de Don Quichotte, c’est en famille qu’Augustin Legrand crée le Bichat pour promouvoir une cuisine faite maison. Ainsi, cousins et cousines, frères et soeurs s’affairent à dénicher leurs produits chez les grossistes bios de Rungis, des maraîchers du quartier ou d’une ferme bio de Picardie, ce qui assure une carte 50 % locale à minima, changeant quotidiennement. Les plats sont généreux et tous les ingrédients sont bios, de la viande aux vins, le tout pour un ticket moyen à 12€ je vous prie !

#Simone Lemon

40 % des fruits et légumes produits en Île-de-France sont gaspillés pour la simple et mauvaise raison qu’ils ne sont pas conformes aux normes de calibrage. En d’autres termes, ils ne sont pas parfaits. Une tomate pas tout à fait ronde ? Direction la poubelle, personne n’en voudra ! C’est contre ce genre de raisonnement que se battent Élodie et Shéhrazade, gérantes de Simone Lemon. Prônant le slow food, cette audacieuse cantine en self-service fait payer au poids pour gérer selon son envie les quantités et ainsi éviter tout gaspillage et surcoût. Dans l’assiette, la créativité est au rendez-vous et on assiste au fil de la semaine à un tourbillon de cuisine multiculturelle et généreuse qui vous fait (re)découvrir aux convives des ingrédients oubliés tels que le panais et la courge Muscat de Provence. La dimension sociale n’est pas en reste puisque les invendus sont distribués à des associations caritatives partenaires. Un beau projet qui ravira tout un chacun, du producteur au consommateur.

Clément Pommiès, 21 août 2019

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