Insolite

Les 5 clichés inhérents au métier de restaurateur

Les préjugés sur le métier de restaurateur : on pourrait écrire des pages et des pages sur ce sujet tant il y en a… Et la popularité croissante des émissions de télé dédiées à la cuisine ne font rien pour freiner l’avalanche d’idées reçues sur les métiers de ce secteur, bien au contraire ! Voici quelques exemples sélectionnés par la rédaction de Zenchef.

#1 L’argent doit couler à flot

« Bah vous êtes patron, ça va pour vous, vous êtes blindé non ?!?!? »  Non pas vraiment, non. Au restaurant, les billets ne sont que de fugaces passagers; sitôt accueillis dans les caisses, ils iront garnir celles des assurances, régler le loyer, les provisions, parer aux salaires, mener des réparations etc, etc… Toutes les sommes perçues sont aussitôt affectées à d’autres dépenses; le gérant d’un restaurant peut vivre correctement, mais il ne sera clairement pas en mesure de s’offrir une villa sur les hauteurs de Saint-Tropez.

#2 Enfin un lieu pour traîner avec ses amis

Un restaurant est un lieu qui accueille avant tout des clients, et à l’heure où ceux-ci se sont lancés avec passion dans la critique gastronomique, parfois carrément despotique, le restaurateur est tenu d’assurer une expérience irréprochable. D’ailleurs, même celle-ci peut prêter à des notations abusives et injustes ! Alors organiser des fiestas sur son lieu de travail qui doit être d’une propreté impeccable est certainement le cadet de ses soucis; il n’a certainement pas investi tous ces billets, cette énergie, ce temps, pour disposer d’une salle qui pourra rassembler les copains.

#3 Les horaires sont détentes

« Vous attaquez à 5h30 ? Mais pourquoi ? Les clients arrivent qu’à midi non ? » Sans doute l’une des pires reçues. À croire que le service du midi se prépare tout seul, que les équipes sont briefées par les esprits, que les commandes se réceptionnent-mêmes, que le planning se forme par enchantement, que les produits s’auto-vérifient…  Sans compter que ceux qui affectionnent les weekends, les fêtes et les vacances officielles peuvent définitivement faire une croix dessus car ce sont les périodes les plus chargées !

#4 Ce n’est pas à la carte, et alors ?

Les clients qui confondent le frigidaire du restaurant avec un supermarché; un classique !  Combien d’entre eux s’aventurent à commander des plats qui ne figurent pas à la carte puis s’offusquent en cas de refus ? Le coupable : cette croyance populaire selon laquelle les ingrédients sont pléthores, ou selon laquelle il n’y a aucun obstacle à ce que les chefs métamorphosent un des plats au menu selon l’aspiration du jour exprimée par le convive. Non seulement c’est un chouïa de stress supplémentaire mais c’est quelque peu frustrant lorsque l’on sait que la composition de chaque assiette est méticuleusement pensée, travaillée, et assemblée par les cuisiniers avant d’être proposée à la carte.

 #5 Un emploi ? « Je traverse la rue et je vous en trouve… »au restaurant !

« Hôtels, cafés, restaurants : je traverse la rue, je vous en trouve. Ils veulent simplement des gens qui sont prêts à travailler. Avec les contraintes du métier. » Ce sont les propos malheureux qu’a tenu le Président de la République Emmanuel Macron, provoquant un véritable tollé dans le secteur de la restauration. Des propos malheureux et ô combien inexacts ! Car bien qu’il existe effectivement une pénurie de main d’oeuvre dans le secteur, il n’est pas dit que les restaurateurs soient prêts à recruter le premier horticulteur venu. En effet, la bonne marche d’un établissement exige des profils adaptés; l’inadéquation des candidats est en réalité un problème à part entière. Merci Président pour ce cliché qui clôture en beauté notre sélection !

Heba Hitti, 15 novembre 2018