Créer & Gérer son restaurant

Comment bien gérer les relations presse et blogueurs de son restaurant

Laurence Desmousseaux, de Fort et Clair Communication, représente de nombreux restaurateurs comme le chef Juan Arbelaez, client de Zenchef. Elle explique les intérêts de travailler avec des agences de presse pour travailler l’image et la notoriété de son restaurant.

Un restaurateur doit-il penser RP ou e-RP ?

« Les deux bien sûr ! Et même au-delà car tout est lié. La répétition de l’information sur des supports différents joue un grand rôle dans le choix du futur client.  J’entends de moins en moins de restaurateurs me dire comme il y a encore cinq ou six ans qu’une mention dans un blog ça ne vaut pas un article de presse sans parler d’un passage à la télévision.  C’est une belle évolution ! »

L’objectif des relations presse sur le web : permettre une meilleure visibilité

« Les e-RP vont permettre d’augmenter le référencement naturel. Cela dit la communication doit rester globale et il ne faut négliger aucun support. Il est en revanche dangereux de séparer ses prestataires entre RP traditionnelles et e-RP car le manque de cohérence va vite se faire sentir. De même il ne faut pas croire qu’on peut animer les réseaux sociaux tout seul. C’est hélas chronophage et demande du métier. »

À quels moments est-il opportun d’engager un attaché de presse pour son restaurant ?

  • Dès le début de votre restaurant

« Il n’est jamais trop tard pour engager un attaché de presse mais surtout qu’il n’est surtout jamais trop tôt.  Le spécialiste de la communication va vous confronter au réel très rapidement et souvent même avant l’ouverture.  Il m’est déjà arrivé d’éviter au restaurateur des erreurs redoutables comme le choix d’un mauvais nom de restaurant qui allait se retrouver en vingtième page sur les recherches de Google. »

« Nous apportons une vision très business au restaurateur et l’aidons à affiner son positionnement. »

« Nous pouvons aussi le mettre en relation avec des professionnels dont nous connaissons et apprécions le travail : conseil de recherche de chef ou repositionnement de la carte, création de sites internet ou de logo, prestataire de réservation en ligne comme Zenchef, salons professionnels… Nous poussons aussi aux nouveautés car, en effet, l’arrivée d’un nouveau chef et le lancement de carte sont de très bonnes opportunités de communication. Il faut mettre en place de belles histoires pour pouvoir séduire les journalistes/blogueurs qui s’en feront le relais auprès de leurs lecteurs. »

Quelles sont les actions les plus ROIstes pour faire parler de son restaurant auprès de la presse et des blogueurs ?

  • Faire découvrir la cuisine de son restaurant

« Avant tout, il faut inviter, à bon escient, les journalistes et les blogueurs à venir découvrir la cuisine du chef ; ceux qui vont réellement écrire sur le restaurant, les relancer, leur trouver des angles… »

  • S’adapter au blogueur food

« Le blogueur a un peu moins besoin de nouveauté qu’un journaliste car il raconte une expérience personnelle et il ne rend compte qu’à lui-même. Ce qui ne l’empêche pas de faire attention à son audience. »

  • Adopter le bon ton pour toucher les journalistes

« Le journaliste, lui, doit « vendre » son sujet à son rédacteur en chef et peut très rarement passer un papier quasi identique à celui d’il y a deux ans. Cela dit on ne peut pas rouvrir son restaurant, changer son chef ou sa carte tous les jours ! Un bon attaché de presse saura proposer des actions de communication à son client autour d’évènements et de nouveautés sans pour autant entraîner des dépenses somptuaires. »

  • Créer des passerelles avec d’autres univers que la restauration

« Il saura créer des passerelles entre différents univers comme lorsque nous avons instauré la rencontre entre l’écrivain Ryoko Sekiguchi et le chef de l’Inconnu Koji Higaki pour un menu autour de la notion toute japonaise de fade, l’organisation de menus à 4 mains avec les chefs Juan Arbelaez et Pablo Naranjo autour de la Colombie, ou le travail de recettes exclusives autour du jambon de Parme par le chef Mauricio Zillo de A Mère »

« Le bouche-à-oreille ne suffit pas à une époque où tous vos concurrents communiquent »

Quelles sont les retombées que peut en attendre un restaurateur ?

« La fidélisation et l’élargissement de sa clientèle car le bouche-à-oreille ne suffit pas à une époque où tous vos concurrents communiquent. Les jeunes restaurateurs qui s’installent se préoccupent immédiatement de la « question communication », preuve qu’elle est associée intuitivement à la problématique du développement. »

« La communication est une affaire d’image »

« Aujourd’hui, on s’interroge surtout sur ce qui arrive à celui qui ne communique pas ! Il y a également une prise de conscience que la communication est, avant tout, une affaire d’image et ne multiplie pas votre chiffre d’affaires par deux dans les trois premières semaines. Le développement d’une réputation est une entreprise de moyen terme mais il est cependant facile de constater rapidement les effets des efforts de communication : les clients vous en parlent. »

Un restaurateur doit-il passer par une agence ou un indépendant ?

« L’époque où « LA » grande agence pouvait seule contacter « LE » grand critique gastronomique est heureusement révolue. Internet est venu tout faire exploser au grand bénéfice du client car la concurrence joue à plein. Cela dit, il y a des bonnes agences et aussi des bons indépendants. L’important c’est la qualité de la relation avec les clients, les échanges et le suivi qui permettent de bâtir et de faire évoluer la stratégie de communication. Bien entendu, pour ma part, je trouve plus intéressant l’option agence à taille humaine comme Fort et Clair et Communication, avec un mélange de générations et plusieurs cerveaux : expérience et spontanéité, suivi et accessibilité… »

« Un attaché de presse qui ne propose pas des liens vers votre page de réservation en ligne vous fait perdre votre temps et votre argent »

Justement, comment alors distinguer un bon professionnel de la communication et un mauvais ?

Ce n’est en effet pas facile même s’il existe quelques indices. Méfiez-vous de ceux qui vont vous proposer en priorité de mettre en avant votre ego par des pseudo interviews exclusives.  En revanche un attaché de presse qui vous pose des questions sur la stratégie de votre entreprise, vos angles marketing, vos forces et vos faiblesses, votre clientèle etc.. aura de bonnes chances d’être sérieux et de vouloir vous accompagner dans votre développement. Privilégiez l’esprit business. Dernière chose, évitez la spécialisation par support. Quelqu’un qui ne sait pas animer les réseaux sociaux est aujourd’hui en voie de déclassement.. »

Anaïs Digonnet, 19 mai 2017