Tendances

Les cuisiniers entrent officiellement dans le monde de l’artisanat

Le décret du 10 mai 2017 inaugure le nouveau statut d’artisan cuisinier en détaillant ses conditions. Une nouvelle qualité qui devrait intéresser les restaurateurs soucieux de mettre en avant une cuisine 100% « Fait Maison ».

Un nouveau décret améliorer la reconnaissance des restaurateurs cuisiniers

Dès le 1er juin, les cuisiniers qui possèdent leur propre restaurant pourront prétendre au statut d’artisan. Une nouvelle étape dans la reconnaissance d’une profession qui, bien que très médiatisée à travers des émissions comme Top Chef, ne bénéficiait pas du même statut d’artisan que les autres acteurs des métiers de bouche, comme les crémiers-fromagers, les bouchers ou les traiteurs.

4 critères pour prétendre au statut d’artisan cuisinier

Une annonce qui réjouit l’Umih, à l’initiative de cette proposition validée par une publication au Journal Officiel le 10 mai dernier. Pour prétendre à ce statut, les restaurateurs qui le souhaitent devront respecter quatre critères :

  • être le chef d’entreprise de leur établissement,
  • prouver le 100% « Fait Maison » de la carte proposée
  • disposer au minimum d’un CAP de cuisine
  • avoir moins de 11 salariés lors de son immatriculation

Une nouvelle reconnaissance pour la qualité de la gastronomie française

À travers un communiqué, le syndicat ajoute :  » La restauration artisanale est enfin valorisée et identifiée. En effet, le terme artisan est pour les Français synonyme de savoir-faire. Il identifiera ainsi les professionnels qui œuvrent tous les jours pour le rayonnement de la gastronomie française et de ses produits. »

« Je suis heureux que l’on ait enfin mis fin à ce blocage qui date, si je ne m’abuse, de 1954 », explique Christian Têtedoie, président de l’association des Maîtres Cuisiniers de France. « En plus de la reconnaissance d’un travail de passion, ce nouveau statut d’artisan cuisinier va permettre aussi l’accès au taux bancaires bonifiés, une visibilité en accord avec nos façon de travailler, respectant le « Fait Maison », la défense et le soutien des producteurs locaux,  le soutien à l’emploi et le rayonnement de sa région. »

Un label de plus ou une meilleure lisibilité pour les clients des restaurants ?

Le MOF étoilé de Lyon souligne également un moyen de lever l’opacité sur d’autres éventuels labels et distinctions. « Les Francais y verront beaucoup plus clair sur les restaurants qui font de leur métier un véritable engagement social, sociétal, avec cœur et générosité, bien loin des lieux de nourriture préfabriquée que l’on trouve malheureusement partout et qui ne devrait pas avoir le droit de s’appeler restaurant ! »

Dans les colonnes du magazine Le Chef, Claude Izard, le président des cuisineries françaises expliquait que désormais  » le métier de cuisinier inscrit au répertoire des métiers est valorisé à juste titre et le statut d’artisan cuisinier s‘inscrit dans un dispositif global de valorisation de la gastronomie française au coté du titre d’Etat de Maître Restaurateur. »

Aujourd’hui, 25 000 professionnels pourraient se présenter au statut d’artisan cuisinier.

Heba Hitti, 24 mai 2017