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Ma Terrasse sans tabac : aubaine ou frein pour les restaurateurs ?

8 Français sur 10 se déclarent gênés par la fumée de tabac, notamment à table. Pour éviter cette pollution olfactive, le ministère de la Santé vient de lancer une opération visant à faire connaître les terrasses des établissements publics, comme les restaurants, où la cigarette est (presque) bannie.

Si la cigarette est désormais bannie à l’intérieur des restaurants depuis près de 10 ans, les clients la consument à l’envie à l’extérieur de ces derniers, et notamment sur les terrasses. Avec l’arrivée du printemps, elles attirent encore plus les fumeurs, qui ne se retrouvent plus obligés de quitter leur table pour apprécier une clope.

Une opération pour bannir la cigarette des terrasses

Si ces clients fumeurs sont une manne pour les restaurants, ils peuvent aussi être un obstacle pour attirer d’autres consommateurs, lassés de déguster leur plat du jour au soleil, mais enfumés par des odeurs de tabac. Alors, le 22 mars dernier Marisol Touraine, ministre de la Santé a lancé “Ma Terrasse Sans Tabac”, une des dernières actions de l’actuel gouvernement qui risque de ne pas passer inaperçue.

Un site et une application dédiés pour faciliter la recherche des clients de restaurants

Le principe : aider les clients qui cherchent un café, un bar, un hôtel ou un restaurant où il n’est pas ou presque pas possible d’en griller une. Concrètement, un site et une application permettent au consommateur d’indiquer la ville et la catégorie d’établissement où il souhaite pouvoir déguster son plat du jour sans avoir un voisin fumeur à ses côtés.

 

Inscrire son restaurant sur “Ma Terrasse sans tabac”

Pour être recensé, le dispositif demande aux restaurateurs de s’inscrire avec les coordonnées de leur établissement, l’adresse de leur site internet, le nombre de couverts, la densité de l’ensoleillement. Il est également possible de rajouter des photos de sa terrasse et une description de l’ambiance.  Un kit de communication dématérialisé, comprenant la charte, un flyer à destination des consommateurs et clients et un dépliant à destination des responsables d’établissements sera transmis aux établissements signataires.

Les clients donnent leur avis

Les clients peuvent également être mis à contribution :

  • soit en inscrivant leur bon plan de terrasse sans ou avec peu tabac
    soit en donnant leur avis selon 3 critères (libre de fumée, respecte la charte, à recommander)
  • Pour accompagner cette campagne de communication et sensibiliser le grand public, l’agence Ici Barbès a été commissionnée pour illustrer les effets néfaste de la cigarette lors d’un repas ou d’un apéro en terrasse. Depuis près d’une semaine, des affiches sont visibles dans les grandes villes de France.

Aider à l’e-réputation d’un restaurant

Pour les restaurateurs, l’opération “Ma Terrasse sans tabac” s’avère être un moyen d’attirer une clientèle niche : les allergiques de la cigarette, les anciens fumeurs, les fumeurs passifs qui veulent se rebeller, les clients qui veulent une hygiène de vie plus saine, les familles, les touristes et tous ceux qui préfèrent fuir les terrasses prises d’assaut par les accro à la nicotine. Ce nouveau site peut aussi aider à l’e-réputation d’un établissement en faisant valoir un cadre de dégustation moins pollué par les désagréments de la fumée de cigarette.

L’Umih se défend d’avoir été associée au lancement de cette opération

Seule ombre au tableau : le communiqué de Marisol Touraine indique que les représentants des professionnels de l’hôtellerie, de la restauration et des débits de boissons ont été étroitement associés à ce dispositif, hors un des principaux syndicats CHR réfute avoir été concerté. “L’Umih a toujours œuvré avec le ministère de la Santé afin que la loi anti-tabac soit appliquée dans de bonnes conditions dans les établissements, dans un souci de santé publique et de sécurité et défend plutôt la liberté du chef d’entreprise, dans une démarche volontaire,  de proposer s’il le souhaite des terrasses non-fumeurs”, écrivent les responsables de l’union dans un communiqué.

 

Anaïs Digonnet, 27 mars 2017

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