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Menus en braille : les restaurants de Haute-Garonne se mettent à la page

Depuis un an, l’Umih de Haute-Garonne s’est associée au Centre de Transcription et d’Edition en Braille de Toulouse pour faciliter la traduction des menus en braille à destination d’un public aveugle ou déficient visuel. Une opportunité qui permet aux restaurateurs de se mettre aux normes avant l’application de la loi handicap mais aussi d’attirer et de fidéliser une nouvelle clientèle.

 

C’est lors du concours du prix Lucien Vanel qu’Adeline Coursant, la directrice du Centre de Transcription et d’Edition en Braille de Toulouse (Cteb) et Jean-Philippe Deschamps, le président de la branche restaurateurs de l’Umih Haute-Garonne décident d’associer leurs forces. Objectif : développer la création de menus destinés aux personnes non- ou malvoyantes dans les restaurants du département.

Une manière de prendre de l’avance sur la mise en application de la loi handicap

“Il faut voir cette initiative comme une façon de prendre un peu d’avance. L’obligation d’avoir un menu en braille est inscrite dans la loi relative à l’accessibilité des établissements accueillant du public”, souligne Jean-Philippe Deschamps. Après un report de la mesure qui aurait du passer le 1er janvier 2015, les restaurateurs ont jusqu’au 29 septembre prochain pour faire les aménagements dédiés à l’accueil des personnes en situation de handicap. “Après cette date, ils seront susceptibles d’être contrôlés et verbalisés s’ils n’ont pas faits les travaux nécessaires”, précise le représentant de l’Umih.

30 restaurateurs déjà convaincus par le menu en braille du Cteb

En effet, tous les établissement accueillant du public doivent pouvoir donner le même niveau d’information sur leurs prestations que ce soit à des clients valides ou invalides, voyants ou non. “Il faut faire en sorte que les personnes aveugles puissent lire le menu au restaurant plutôt que faire répéter plusieurs fois le serveur”, ajoute Adeline Coursant, la directrice du Centre de Transcription et d’Edition en Braille de Toulouse (Cteb). Aujourd’hui, 30 restaurateurs ont franchi le pas avec l’entreprise toulousaine. Un label en forme d’oeil a même été créé il y a un an : il peut être apposé sur la vitrine, ajouté à la page d’accueil d’un site internet pour signifier que le restaurant est en mesure d’accueillir un public déficient visuel.

Le menu pour les non- et malvoyants, une dépense mineure pour respecter la loi

Coût du menu en braille : entre 30 et 50 euros hors taxe. “Un investissement mineur par rapport aux autres aménagements inclus dans la loi sur l’accessibilité”, souligne Adeline Coursant. Elle ajoute que la physionomie de la carte se modifie, une page A4 correspond à 3 ou 4 pages en braille. “Le menu en braille est plus conséquent qu’un menu avec une police classique car il faut refaire toute la mise en page, enlever les photos qui ne servent à rien et ajouter une partie du menu en caractères agrandis pour les malvoyants”, souligne la responsable. Elle conseille également d’abréger le moins possible la description des plats, insistant sur le fait que les clients ont besoin d’un maximum d’informations pour faire leur choix.

Investir dans un menu en braille pour attirer et fidéliser une nouvelle clientèle

Pour les restaurateurs, proposer un menu en braille peut être un atout dans la stratégie d’acquisition et de fidélisation des clients. La directrice du Centre de Transcription et d’Edition en Braille de Toulouse conclue : “Il permet de faciliter la vie des personnes déficientes visuelles dans leur vie quotidienne en leur donnant des repères et une zone de confort qui les inciteront à revenir.” Si vous décidez de vous  équiper d’un menu en braille, annoncez-le sur votre site internet, vos réseaux sociaux et dans vos communications, pour que tous ceux qui vous suivent incitent leurs proches à réserver chez vous.

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Anaïs Digonnet, 7 juillet 2016