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5 raisons pour lesquelles les métiers de la restauration sont très difficiles

Une étude a récemment montré qu’être serveur pouvait être plus stressant que neurochirurgien. Synonyme de convivialité, antre de l’hédonisme, le secteur de la restauration n’en demeure pas moins le théâtre de nombreux excès et une source de pression inépuisable, aussi bien pour le serveur, le commis, le patron ou le chef.

#1 L’activité intense

Bousculer, pousser, hurler, crier « Chaud devant ! » ou « Oui chef ! »… Le coup de feu diffère peu d’une opération commando menée méthodiquement par l’armée. L’efficacité est le maître-mot, la répartition des tâches, pensée de manière stratégique. L’amplitude horaire dans ce capharnaüm est quant à elle démente, bien que la rémunération soit anecdotique.

Vous l’aurez compris, c’est un rythme soutenu et une atmosphère chaotique, bruyante et militaire qui prédominent en cuisine, contrastant fortement avec l’ambiance légère et sereine qui règne parmi les convives de l’autre côté de ses portes.

#2 L’atteinte continue à l’intégrité physique…

En plus des chocs thermiques subis par les allers-retours répétés entre chambre froide et fourneaux, le corps, affrontant sans répit les hautes températures, les sols glissants, les produits chimiques, les fumées, les couteaux et autres objets tranchants, est soumis à rude épreuve, tour à tour écorché, entaillé ou brûlé.

En salle, le personnel n’est pas épargné, avec son va-et-vient incessant et rapide tout en portant le plus adroitement possible des plateaux chargés d’objets fragiles, de boissons et de mets tâchants.

Il n’y pas à dire, travailler dans la restauration est un sport de haut niveau !

#4 Et à l’intégrité morale…

Peu importe l’épuisement, l’impératif de garder son sourire et sa cordialité ne souffre aucune exception. L’affabilité et les talents de diplomates doivent demeurer intacts malgré les clients goujats, impolis, pressants, ou même éméchés… De plus, il faut se livrer à un exercice de jonglerie délicat entre la satisfaction des convives et celle du patron ou du chef. Et, dans certaines cuisines, c’est non sans brutalité que s’exprime l’autorité de ceux qui en sont dépositaires, certains ayant la ferme conviction que la virulence est le seul moyen de se faire respecter.

Ajoutés à cela, l’absence de reconnaissance, l’absence d’excuses et l’absence de liberté ; car le personnel en restauration possède peu de marge de manoeuvre. Il est donc hautement recommandé d’avoir un moral très résistant !

#5 La réputation fragile

La nécessité de préserver sa réputation en ligne est une source de pression non négligeable pour les gérants de restaurants et leurs brigades car les avis négatifs ont un pouvoir de nuisance puissant. Un commentaire parfois subjectif ou injuste, jugeant un repas ou une expérience de manière négative peut rapidement faire le tour du web, lésant ainsi l’établissement qui en a fait l’objet. Les internautes n’ont pas forcément conscience que le service et les plats sont le fruit du travail de toute une équipe, l’expression d’un chef qui cherche à donner du plaisir, à bousculer les papilles en leur offrant de nouvelles saveurs.

Alors que dans la plupart des emplois traditionnels, les erreurs commises restent entre vous et vos employeurs, dans le secteur de la restauration, l’information peut se propager comme une trainée de poudre sans forcément être vraie ou juste et détruire une renommée.

Conclusion : toutes ces raisons rendent indispensables le fait d’avoir un mental d’acier, une condition physique robuste mais aussi une solide camaraderie pour travailler dans la restauration.

Heba Hitti, 24 octobre 2017

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